Stendhal, les romantiques et le tournant de 1830

Stendhal, les romantiques et le tournant de 1830

Colloque international organisé par Stendhal aujourd’hui, Société internationale d’études stendhaliennes, et HB Revue internationale d’études stendhaliennes, 10 et 11 mars 2006, Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, et Université de Paris-Sorbonne.

1830 : cette date n’est pas n’importe quelle date, c’est une année qui fait date ; il s’agirait de l’étudier comme un tournant, qui ferait correspondre la Révolution politique et la Révolution littéraire, et qui reflèterait plus largement une crise sociale et la mise en question peut-être radicale de l’ordre du symbolique. En 1830, commence un deuxième « mal du siècle » qui rassemble la jeunesse révoltée – celle des « bousingots » notamment, auxquels il faudrait faire un sort, en songeant aux Jeunes-France –, dans une école informelle mais réelle, dont Balzac avait énuméré les membres (Janin, Nodier, Borel, Musset, Gautier, etc.). Qu’en est-il exactement du rapport entre cette crise politique et sociale et la littérature qui semble bien se renouveler à son contact, dans un mouvement à la fois ironique, parodique et régénérateur, à la fois désenchantant et « réenchantant »? C’est à cette réflexion que nous souhaiterions vous convier, en faisant appel au croisement de toutes les spécialités (littérature, philosophie, histoire, histoire de l’art), et en prenant appui sur l’œuvre de Stendhal qui, au milieu de sa carrière littéraire, écrit un roman exemplaire de la crise, Le Rouge et le Noir (la société née de 1830 est aussi son problème), – mais pour envisager plus largement ce qu’on pourrait appeler une littérature de la crise, dont La Peau de chagrin, autre « Rouge et le noir », serait l’un des grands textes représentatifs. Il s’agirait de comprendre, avec Stendhal, à partir de lui, mais aussi au-delà de lui, le romantisme 1830, en le saisissant en amont (1827, date de parution d’Armance) et dans l’onde de choc de la Révolution (jusqu’en 1835 environ), et tel qu’il suscite un renouvellement des thèmes et des formes, sans exclusive aucune, ni de genre (poésie, théâtre, roman, nouvelle), ni de méthode, ni de perspective. En voici quelques-unes, simples suggestions d’études :

– Le regain de la nouvelle : Il pourrait être fait ainsi une place importante au renouveau de la nouvelle, du récit bref autour de 1830, favorisé qu’il fut par l’extraordinaire appel d’air de la Revue de Paris. On trouvera des livres sur la nouvelle, mais il n’est guère de réflexion synthétique sur la nouvelle romantique, sur cet essor du récit bref qui puise notamment sa source dans la redécouverte des récits tragiques ; ce serait l’occasion de la mener à bien, en considérant la convergence d’une thématique renouvelée et d’une poétique de l’ellipse et de la fulgurance.

– Le récit excentrique : L’analyse formelle du récit excentrique a déjà été tentée par le livre classique de D. Sangsue. Mais peut-être serait-il fécond de relier la floraison éphémère de cette littérature hybride, ironique et parodique d’elle-même, sombre et joyeuse (Janin et L’Âne mort, Balzac et La Physiologie du mariage, Nodier, Gautier, Hugo, Vigny et Stello ), de rattacher le surgissement d’un tel chaos narratif, qui brise le roman historique, charpenté, à la Walter Scott, à la crise globale d’une société vouée à la raillerie et dominée, selon Balzac, par la puissance dissolvante de la personnalité, de l’atome égoïste. Au nihilisme de la société répondrait un nihilisme de la littérature, la montée du roman vers la démesure et sa dissolution dans la monstruosité.

– Le frénétique : La même interrogation pourrait porter sur la violence anarchique et parodique de la littérature frénétique, autre flambée éphémère que Nodier avait d’abord identifiée à Hans d’Islande pour la condamner, quitte à s’y rallier ensuite, en distinguant dans cette littérature la seule possible, celle d’une société moribonde.

– L’école du désenchantement : On voit donc qu’il s’agirait aussi de reprendre le débat que Balzac avait ouvert, et de tenter de définir plus largement la position de ce deuxième romantisme, celui de 1830, par rapport au premier, dont il n’est pas même séparé d’une génération, en évitant peut-être de l’enfermer dans une perspective univoque qui consisterait à réunir dans un schisme scandaleux les écrivains de l’anti-progrès. Désenchantement et enchantement seraient peut-être à considérer plutôt dans un rapport dialectique, selon un jeu de tensions proprement ironiques qui traverse tout le romantisme.

[Contact : Michel Arrous, michelarrous@club-internet.fr]

 

Voyages d’artistes et artistes voyageurs

Congrès national des sociétés historiques et scientifiques

130 e congrès, La Rochelle , 2005 Voyages et voyageurs

Colloque XIV – Voyages d’artistes et artistes voyageurs

mardi 19 avril 2005 – 09:00

Stendhal touriste ou les tribulations d’un Français en France

M. Serge LINKES, maître de conférences à l’Université de La Rochelle

«Je suis négociant ; en parcourant la province pour mes affaires (le
commerce du fer), j’ai eu l’idée d’écrire un journal. Il n’y a presque
pas de voyages en France : c’est ce qui m’encourage à faire imprimer
celui-ci ». C’est sous les traits de ce négociant en fer que Stendhal
proposa aux happy few les Mémoires d’un touriste en 1838,
cédant ainsi, on lui reprocha à l’époque, à l’anglomanie du mot «
touriste » – « idiome bâtard, mélange d’allemand affaibli et de français
corrompu » dit-on – et dont certains critiques lui attribuent la
paternité. Participant à l’invention du lieu touristique français comme
il l’avait déjà fait pour l’Italie avec ses Promenades dans
Rome
dix ans plus tôt, Stendhal se fait « touriste » en son propre
pays : sensible aux paysages, aux moeurs, à l’histoire… de la province
il se montre tout aussi attentif aux conditions matérielles de son
voyage comme celles des difficultés d’obtenir de l’eau chaude dans les
hôtels et les cafés français !

Colloque « Henri Beyle, un écrivain méconnu »

Colloque « Henri Beyle, un écrivain méconnu »

Le colloque « Henri Beyle, un écrivain méconnu », organisé par HB,
Stendhal aujourd’hui et Paris XII, se tiendra à l’Université Paris XII
les 19 et 20 novembre 2004. Il est à signaler également que ce colloque
est illustré par une exposition
« Henri Beyle à la conquête de Stendhal »
, à la
Bibliothèque de l’Université Paris XII, du 19 novembre au 18 décembre
2004 (entrée libre).

Alexandra Pion

 

Programme :

Stendhal a beaucoup écrit avant Stendhal, dans l’ombre clandestine du
journal ou de la correspondance, dans les essais dramatiques de sa
jeunesse. C’est ce premier Stendhal que nous souhaiterions explorer, en
considérant pour la première fois l’œuvre dans sa dimension la plus
large: notes, correspondance, journal, premiers essais dramatiques, etc.
L’époque a déjà été étudiée dans son aspect littéraire et égotiste par
les livres classiques de V. Del Litto et de G. Blin, mais a-t-elle
jamais fait l’objet d’une réévaluation nécessaire, qui regardât la
première période des errements et des échecs comme une véritable période
de création, contemporaine de la naissance et de la chute de l’Empire,
entre les premiers essais dramatiques (1797) et les premières vies
d’artistes (1814) ?

Vendredi 19 novembre
matin
salle 222

 

9h00: Accueil et allocution d’ouverture par Madame le recteur Josiane
Attuel (Paris XII)
Esthétique
Président de séance: M. Francis
Claudon
9h30 Janine Gallant (Moncton): Les “choses muettes”: une
esthétique des arts visuels en devenir.
10h00 Marie-Pierre
Chabanne (Nantes): L’esthétique avant 1815 (HPI, ms Chaper, Ecoles
italiennes de peinture)
10h30 Béatrice Didier (ENS): Des
Vies de Mozart, de Haydn et de Métastase
à l’
Histoire de la peinture en Italie
: continuité ou rupture?
11h00 pause
11h30 Hélène De Jacquelot (ENS Pise): Traduire et écrire
la vie de Raphaël
12h00 Letizia Norci Cagiano (Rome III):
Préfigurations de Rome ou la Rome imaginaire d’Henri Beyle
12h30 Kajsa Andersson (Örebro): Dialogue avec Mme de Staël: Stendhal et
Corinne.

13h00 Discussion suivie du déjeuner (au restaurant
universitaire CROUS)

 

après-midi
salle 222

Journal
Président de séance: Mme Béatrice Didier
15h00 Thierry Ozwald (Besançon): Le Journal de Beyle
(1809-1811)
15h30 Cécile Meynard (Grenoble III): Stendhal 1801-1815:
le journal d’un mélancolique
16h00 Jasmin Lemke (Kiel): La
présence et la fonction de l’étranger dans les premiers écrits intimes
de Stendhal

salle 346

Philosophie et idéologie
Président de séance: Mme Gabrielle
Smith-Pascal
15h00 Marie-Rose Corredor (Grenoble III): Les enjeux des
premières lectures de Pinel, 1804-1810.
15h30 Ferdinand Collier
(Paris I): Beyle idéologue, Stendhal romancier.
Littérature et
philosophie.
16h00 Daniel Sangsue (Neuchâtel): Stendhal et la
connaissance de soi. (Le premier Stendhal, celui qui lit et applique les
idéologues).

16h30 Discussion suivie de l’inauguration de
l’exposition « Henri Beyle à la conquête de Stendhal » à la Bibliothèque
Universitaire Paris 12.


Samedi 20 novembre
Matin

salle 222

 

Histoire
Président de séance: Mme Letizia Norci Cagiano
9h00 Gérald Rannaud (Grenoble III): Sur la “guerre de Succession”.
9h30 Xavier Bourdenet (Besançon): L’Histoire dans les lettres à Pauline.
10h00 Françoise Guinoiseau (Lyon): Figures dans un paysage. Portrait de HB
commissaire des guerres dans les lettres à Pauline
10h30 pause
11h00 Elisabeth Scheele (Paris): Stendhal à Wagram
11h30 Michel Brix
(Namur): Histoire et romanticisme

salle 119

Théâtre
Président de séance: Mme Marie-Rose Corredor
9h00 Serge Linkès (La Rochelle): Stendhal dramaturge, Stendhal de toujours?
9h30 Suzel Esquier (CRRR Clermont-Ferrand): Le comique de Regnard.
10h00
Pierrette-Marie Neaud (Paris): Henri Beyle élève de Dugazon: un paradoxe
sur le comédien.
10h30 Francesco Spandri (Rome III): “Ainsi je
serai le Molière tragique”: Beyle et la poétique du malheur.

12h00 Discussion suivie du déjeuner (buffet en salle)

après-midi
salle 222

Avant le roman
Président de séance: M. Michel Arrous
14h00 Catherine Mariette-Clot (Grenoble III): La naissance du romanesque
dans les premiers écrits intimes de Stendhal
14h30 Angels Santa
(Lleida): Le dialogue culturel dans le Journal (1801-1814).
15h00 Marthe Peyroux (Paris): Emile, Pauline: lire ou ne pas lire? Telle
est la question.
15h30 Jean-Jacques Hamm: Un auteur en quête de
personnages. Premières tentatives. Premiers indices.

16h00
discussion

16h15 Michel Crouzet (Paris IV): HB l’anti-René.
Synthèse et conclusion par M. Michel Crouzet
17h00: fin du colloque

 

Venir au colloque -Université Paris 12

 

Ligne de métro n°8 direction “Créteil” – station “Créteil-Université”.
Suivre les panneaux “Université”.
En voiture: A86
direction “Créteil”. Suivre “Créteil centre” puis “Créteil Université”.
Possibilité de se garer dans le parking de l’Université ou du Palais de
Justice.
En arrivant sur la grande dalle, le bâtiment I de la Faculté
des Lettres est le premier bâtiment sur la gauche. Salle 119: 1er étage
Salle 222 2e étage
Salle 346: 3e étage

 

STENDHAL ET LE STYLE

STENDHAL ET LE STYLE

SORBONNE NOUVELLE

UFR de Littératures et Linguistiques française et latine

COLLOQUE

STENDHAL ET LE STYLE

19-20 mars 2004

en Sorbonne, salle Bourjac 17, rue de la Sorbonne – 75005 Paris (au fond de la galerie Rollin, à gauche en entrant)

Vendredi 19 mars 2004

09 heures (Présidence: Philippe BERTHIER):
Eric BORDAS (Paris 3): présentation.
Jacques-Philippe SAINT-GÉRAND (Clermont-Ferrand 2): « Contextualisations ».
Yves ANSEL (Nantes) : « Politique du style ».
Jean-Jacques HAMM (Kingston): « Réticences ».
Marie PARMENTIER (Paris 3): « Les paroles d’autorité dans le roman stendhalien ».
14 heures (Présidence: Pierre-Louis KEY):
Jacques NEEFS (Paris VIII): « L’écriture d’improvisation ».
Anne HERSCHBERG PIERROT (Paris VIII): « Le style des marges ».
Philippe BERTHIER (Paris 3): « Le chant du cygne (Stendhal/Fénelon) ».
Béatrice DIDIER (ENS Ulm): « La notion de style en musique chez Stendhal ».
Bernard VOUILLOUX (Bordeaux 3): « Style et esthétique ».

Samedi 20 mars 2004
09 heures 30 (Présidence: Marie-Rose CORREDOR) :
Marie-Christine LALA (Paris 3): « La genèse du style comme écriture de soi : le cas de Armance ».
Lucien VICTOR (Aix-en-Provence) : « La fiction de l’intime ».
Pierre-Louis REY (Paris 3) : « Les litotes amoureuses dans le Journal ».
Gilles PHILIPPE (Grenoble 3): « La stylistique de Stendhal est-elle d’abord une pragmatique du style ? »
14 heures 30 (Présidence: Eric BORDAS):
Georges KLIEBENSTEIN (Poitiers): « Stendhal et la rhétorique ».
François VANOOSTHUYSE (Paris VIII): « Les opérateurs d’images du style romanesque stendhalien ».
Stéphane CHAUDIER (Saint-Etienne): « Stendhal entre les phrases ».
Jacques DURRENMATI’ (Toulouse 2): « Que faire du primitif? ».

Avec le concours
du Conseil scientifique, de la Formation doctorale de littérature et civilisation françaises, du centre « Poétique, génétique et informatique du texte littéraire », Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3).