{"id":302,"date":"2006-07-17T12:03:59","date_gmt":"2006-07-17T11:03:59","guid":{"rendered":"http:\/\/jy.reysset.free.fr\/wordpress\/?p=302"},"modified":"2008-07-10T13:28:04","modified_gmt":"2008-07-10T12:28:04","slug":"302","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/stendhal.fr\/?p=302","title":{"rendered":"Provenance des cahiers du Journal de Stendhal"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"title\"><\/h3>\n<p align=\"center\"><strong>Provenance des cahiers du <em>Journal<\/em> de Stendhal <\/strong><\/p>\n<p>La Biblioth\u00e8que municipale de Grenoble, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tentrice de la        quasi-totalit\u00e9 des manuscrits du <em>Journal<\/em> de Stendhal        diss\u00e9min\u00e9s sous diff\u00e9rentes cotes, vient de s\u2019enrichir des cahiers        provenant des collections Edouard Champion &#8211; Pierre Ber\u00e8s.. Comment        expliquer que ces manuscrits aient \u00e9chapp\u00e9 au legs de Stendhal \u00e0 son ami        d\u2019enfance Louis Crozet et, par voie de cons\u00e9quence, au don fait par Mme        veuve Crozet \u00e0 la biblioth\u00e8que en 1861 ? La r\u00e9ponse \u00e0 cette apparente        \u00e9nigme est apport\u00e9e, une fois encore, par l\u2019irrempla\u00e7able V. Del Litto        qui, il y a seize ans, r\u00e9v\u00e9lait l\u2019existence d\u2019une longue note manuscrite        de Romain Colomb d\u00e9crivant par le menu sept cahiers du <em>Journal<\/em>        qui lui avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s par Adolphe de Mareste (r\u00e9f\u00e9rence : V. Del        Litto, \u00ab Les p\u00e9rip\u00e9ties de quelques autographes de Stendhal \u2013 documents        in\u00e9dits \u00bb. <em>Stendhal Club<\/em> N\u00b0 128, 15 juillet 1990, p.        391-403 ; recueilli dans <em>Une somme stendhalienne<\/em>, p. 1741-1752).<\/p>\n<p>Mareste avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les cahiers parmi d\u2019autres manuscrits venant de        Milan (M.v.d.M.) aupr\u00e8s de Luigi Buzzi, l\u2019ami milanais de Stendhal, un        an apr\u00e8s la mort de ce dernier, en 1843, et au lieu de les remettre \u00e0        Louis Crozet, leur l\u00e9gitime propri\u00e9taire en tant que l\u00e9gataire de        l\u2019\u00e9crivain grenoblois, les avait oubli\u00e9s pendant 12 ans dans ses        affaires. On sait que Stendhal, en quittant pr\u00e9cipitamment Milan en juin        1821, avait laiss\u00e9 sur place ses livres et ses manuscrits \u00e0 Buzzi (ne        pas confondre avec Bucci, de Civitavecchia) et ne s\u2019en \u00e9tait plus souci\u00e9        apr\u00e8s. Colomb, pour qui tout ce qui venait de son cousin \u00e9tait sacr\u00e9, ne        manqua pas, selon une habitude contract\u00e9e de son m\u00e9tier de chef        comptable, de dresser un inventaire d\u00e9taill\u00e9 des sept cahiers. C\u2019est cet        inventaire qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Del Litto en 1990. Il lui avait \u00e9t\u00e9        confi\u00e9 par Robert d\u2019Illiers, le descendant de Colomb. Or il ne s\u2019est pas        retrouv\u00e9 dans les archives de son fils Bertrand lorsque j\u2019y ai eu acc\u00e8s        en 1996, rest\u00e9, vraisemblablement par n\u00e9gligence, dans les papiers de        Del Litto, aujourd\u2019hui envol\u00e9s \u00e0 Moncalieri (1). Du moins sa publication        dans <em>Stendhal Club<\/em> rend-elle possible une comparaison du contenu        d\u00e9crit par Colomb avec les cahiers en provenance de la collection Ber\u00e8s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir collationn\u00e9 et d\u00e9crit les cahiers, Colomb ne les restitua        pas \u00e0 son propri\u00e9taire l\u00e9gitime (Crozet), mais les rendit \u00e0 Mareste de        qui il les tenait, comme l\u2019atteste une note liminaire : \u00ab Manuscrits de        Beyle, retrouv\u00e9s par de Mareste le 22 mars 1855 (ils lui avaient \u00e9t\u00e9        remis \u00e0 Milan, en 1843, par M. Buzzi) et qu\u2019il m\u2019a envoy\u00e9s en        communication. \u2013 Renvoy\u00e9s le 30 mars et le 12 avril 1855 avec une lettre        \u00bb. On notera tout de suite que, des sept cahiers d\u00e9crits par Colomb, le        5\u00e8me , celui contenant la c\u00e9l\u00e8bre <em>Consultation pour        Banti<\/em> porte la mention : \u00ab Ce cahier appartient \u00e0 M. Louis Crozet \u00bb.        Il aurait d\u00fb en toute logique revenir \u00e0 Crozet et se retrouver par la        suite dans le d\u00e9p\u00f4t fait par Mme Crozet en 1861 \u00e0 la biblioth\u00e8que de        Grenoble. Pourtant, il dut rester chez Colomb et, apr\u00e8s sa mort en 1858,        \u00e9choir \u00e0 l\u2019une de ses filles, Claire. C\u2019est par cette voie qu\u2019il entra        en possession d\u2019Auguste Cordier, puis de Casimir Stryienski (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en        1912). Il passa en vente en 1957 et en 1959 et par la suite dans les        ventes Sacha Guitry (1974, n\u00b0 92) et Col. Daniel Sickles (1989, n\u00b0 195).        Remis une nouvelle fois en vente le 16 d\u00e9cembre 1993, il fut pr\u00e9empt\u00e9        pour la somme de 110.000 F (sans les frais) par la Biblioth\u00e8que de        Grenoble.<\/p>\n<p>Mareste conserva les 6 autres cahiers par devers lui jusqu\u2019\u00e0 sa mort en        1867. A partir de l\u00e0, on en perd la trace jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils        r\u00e9apparaissent entre les mains du pasteur Maystre, de Gen\u00e8ve, duquel les        acheta le libraire Henri Leclerc. C\u2019est de ce dernier que le c\u00e9l\u00e8bre        collectionneur d\u2019art, de livres et de manuscrits (possesseur, entre        autres, du portait de Stendhal par S\u00f6dermark, aujourd\u2019hui \u00e0 Versailles),        Me P-A. Cheramy, les acquit le 16 mai 1900, avec d\u2019autres manuscrits et        de nombreuses lettres de Stendhal (ref. Adolphe Paupe, \u00ab Les manuscrits        de Stendhal \u00bb, <em>L\u2019Amateur d\u2019autographes<\/em>, mai        1912, p. 335-336 ; par la suite dans <em>La vie litt\u00e9raire de Stendhal <\/em>,        Champion, 1914, p. 71-72).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de Cheramy, en 1912, les cahiers pass\u00e8rent en vente \u00e0        l\u2019H\u00f4tel Drouot le 23 avril 1913 (ref. Catalogue de sa vente, n\u00b0 25 et n\u00b0        26). Ils se pr\u00e9sentaient alors sous la forme de <u>deux<\/u> gros        volumes reli\u00e9s en veau fauve, dos orn\u00e9s et pi\u00e8ces rapport\u00e9es. Ils furent        acquis \u00e0 cette vente par l\u2019\u00e9diteur et collectionneur Edouard Champion.        Celui-ci \u00e9tant d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1938, ses h\u00e9ritiers vendirent sa biblioth\u00e8que        enti\u00e8re au libraire Pierre Ber\u00e8s, lequel op\u00e9ra un tri, conserva ce qu\u2019il        y avait de plus pr\u00e9cieux (dont il revendit une tr\u00e8s grande partie dans        sa librairie) et donna le reste \u00e0 la BN. C\u2019est Pierre Ber\u00e8s qui fit        relier les cahiers par Pierre-Lucien Martin, dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 ils se        pr\u00e9sentent aujourd\u2019hui. Des 6 cahiers rachet\u00e9s des h\u00e9ritiers d\u2019Edouard        Champion, Ber\u00e8s n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 en d\u00e9membrer un, celui contenant les <em>Love        Letters<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire les brouillons des lettres d\u2019amour \u00e0 M\u00e9tilde,        manuscrit autographe de 74 pages in-4 (ref. Bulletin Pierre Ber\u00e8s n\u00b0 41,        septembre 1961, 90.000 NF) et des pages du <em>Journal<\/em> de 1819 (ref.        Vente Sickles, 18-19 mars 1993, XIII, n\u00b0 5551).<\/p>\n<p>Depuis leur publication, qu\u2019on suppose incompl\u00e8te et fautive, dans le <em>Journal        <\/em>de la grande \u00e9dition Champion, on en avait perdu toute trace jusqu\u2019\u00e0        leur r\u00e9apparition en 2003, dans le cadre de l\u2019exposition organis\u00e9e par        la biblioth\u00e8que de Chantilly. Ni Martineau ni Del Litto n\u2019y avaient eu        acc\u00e8s pour l\u2019\u00e9tablissement de leur \u00e9dition du <em>Journal<\/em>        dans la Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9aide. Les cahiers ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9empt\u00e9s par la        Biblioth\u00e8que de Grenoble pour la somme de 800.000 \u20ac (937.000 \u20ac avec les        frais), contre le libraire J-C. Vrain agissant sur ordre, \u00e0 la vente du        cabinet des livres de Pierre Ber\u00e8s le mardi 20 juin 2006.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9 : Luigi Buzzi (1821) &#8212; Adolphe de Mareste (1843) &#8212; Romain        Colomb (1855) &#8212; Adolphe de Mareste (1855, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1867) &#8212; X        (localisation inconnue pendant une p\u00e9riode ind\u00e9termin\u00e9e) &#8212; le pasteur        Maystre, de Gen\u00e8ve &#8212; le libraire Henri Leclerc &#8212; P-A. Cheramy (1900)        &#8212; Edouard Champion (1913, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1938) &#8212; Pierre Ber\u00e8s        (apr\u00e8s 1938) &#8212; Biblioth\u00e8que de Grenoble (vente Ber\u00e8s, 20 juin 2006).<\/p>\n<p>(1) On ne regrettera jamais assez que la ville de Grenoble, \u00e0 d\u00e9faut de        s\u2019opposer au testament tardif et <u>suspect<\/u> de Del Litto,        n\u2019ait pas au moins exig\u00e9 un inventaire de ces papiers avant de les        laisser emporter \u00e0 Moncalieri.<\/p>\n<p align=\"right\"><strong>Jacques Houbert<\/strong><\/p>\n<p align=\"right\">(28 juin 2006)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Provenance des cahiers du Journal de Stendhal La Biblioth\u00e8que municipale de Grenoble, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tentrice de la quasi-totalit\u00e9 des manuscrits du Journal de Stendhal diss\u00e9min\u00e9s sous diff\u00e9rentes cotes, vient de s\u2019enrichir des cahiers provenant des collections Edouard Champion &#8211; Pierre Ber\u00e8s.. &hellip; <a href=\"https:\/\/stendhal.fr\/?p=302\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,15],"tags":[],"class_list":["post-302","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-manuscrits","category-textes"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s34K8b-302","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/302","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=302"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/302\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=302"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=302"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=302"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}