{"id":296,"date":"2006-05-11T11:40:12","date_gmt":"2006-05-11T10:40:12","guid":{"rendered":"http:\/\/jy.reysset.free.fr\/wordpress\/?p=296"},"modified":"2008-07-11T09:23:48","modified_gmt":"2008-07-11T08:23:48","slug":"296","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/stendhal.fr\/?p=296","title":{"rendered":"Vente Ber\u00e8s de manuscrits stendhaliens"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"title\">Vente Ber\u00e8s de manuscrits stendhaliens<\/h3>\n<p align=\"center\"><strong>Stendhal \u00e0 Drouot<\/strong><\/p>\n<p>Le 20 juin, salle Drouot, au cours de la vente du \u00ab cabinet \u00bb de livres        de Pierre Ber\u00e8s, seront mis aux ench\u00e8res cinq \u00ab cahiers \u00bb autographes du <em>Journal<\/em>        de Stendhal et l\u2019exemplaire interfoli\u00e9 de <em>La Chartreuse de        Parme<\/em>, dit \u00ab exemplaire Royer \u00bb o\u00f9 Stendhal esquissa la r\u00e9\u00e9criture        de son roman selon les avis de Balzac. Ce jour-l\u00e0 se dispersera un des        plus extraordinaires ensembles de livres et de manuscrits pr\u00e9cieux qui        soient encore en mains priv\u00e9es. Le grand libraire Pierre Ber\u00e8s s&rsquo;est        r\u00e9solu \u00e0 se s\u00e9parer de sa collection personnelle, que nagu\u00e8re encore il        entendait conserver jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier souffle. Or, c&rsquo;est bien de        \u00ab conserver \u00bb qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Entre les mains de ce grand libraire ce        v\u00e9ritable tr\u00e9sor patrimonial national, r\u00e9uni au cours d\u2019une longue vie,        restait \u00e0 l&rsquo;abri de la dispersion, de l&rsquo;\u00e9parpillement \u00e0 travers le monde.<\/p>\n<p>Cette vente, programm\u00e9e plus t\u00f4t que ne le laissait pr\u00e9voir nagu\u00e8re        l&rsquo;exposition, partielle, de Chantilly repr\u00e9sente pour le monde de la        bibliophilie fran\u00e7aise, collectionneurs priv\u00e9s mais surtout responsables        du Patrimoine, de la Direction du livre, collectivit\u00e9s locales        concern\u00e9es, un redoutable d\u00e9fi : \u00e9viter le d\u00e9m\u00e9nagement du patrimoine \u00e0        partir de la vente d&rsquo;objets hautement symboliques et d&rsquo;une valeur        incomparable.<\/p>\n<p>Pour nous, lecteurs et admirateurs de Stendhal, elle nous place devant        le choix crucial entre un renoncement insupportable ou l&rsquo;acquiescement \u00e0        une obligation morale demandant des moyens astronomiques : sauvegarder        notre patrimoine litt\u00e9raire en obtenant l\u2019entr\u00e9e de l\u2019exemplaire Royer \u00e0        la Biblioth\u00e8que Nationale et en rendant ces cinq cahiers, qui en furent        disjoints jadis dans des circonstances mal \u00e9tablies, au fonds des        manuscrits de Stendhal de la Biblioth\u00e8que municipale de Grenoble..<\/p>\n<p>Si l\u2019exemplaire Royer, selon les usages \u00e9tablis entre la BN et Grenoble,        devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;une pr\u00e9emption par la BNF, il n\u2019en va pas de        m\u00eame des cahiers. Ceux-ci ne constituent pas en effet \u00e0 eux seuls ce \u00ab        splendide <em>Journal<\/em>, l&rsquo;un des derniers grands manuscrits        litt\u00e9raires fran\u00e7ais en mains priv\u00e9es \u00bb qu\u2019on annonce, pas plus qu&rsquo;ils        ne constitueraient un \u00ab ensemble structur\u00e9 \u00bb. Ces 335 feuillets, qui        s\u2019\u00e9chelonnent de 1806 \u00e0 1814, ne sont que des fragments du <em>Journal<\/em>        autographe de Stendhal, \u00e9parpill\u00e9 parmi les 16000 feuillets du seul \u00ab        ensemble structur\u00e9 \u00bb qui puisse \u00eatre reconnu comme tel, le <em>Recueil        factice<\/em> de ses papiers, avec ses trente volumes des cotes R 5896 et        R 302 de la R\u00e9serve, l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 Grenoble en 1861 par la veuve de L.        Crozet, ami de Stendhal et maire de Grenoble, en m\u00eame temps que les        grands manuscrits autographes de la <em>Vie de Henry Brulard, Lucien        Leuwen, Vie de Napol\u00e9on, Souvenirs d&rsquo;\u00e9gotisme, Lamiel<\/em>\u2026 La        proc\u00e9dure en usage en mati\u00e8re de pr\u00e9emption demande donc que la ville de        Grenoble, conservatrice du fonds, s\u2019en porte acqu\u00e9reur, avec l\u2019aide du        d\u00e9partement et de la r\u00e9gion, pour obtenir l\u2019intervention d\u00e9cisive de        l\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<p>Grenoble et les Grenoblois, malgr\u00e9 le pr\u00e9tendu contentieux avec leur        \u00ab concitoyen \u00bb n&rsquo;ont cess\u00e9 depuis l\u2019autre si\u00e8cle d&rsquo;entretenir et        d&rsquo;enrichir ce d\u00e9p\u00f4t, contin\u00fbment et syst\u00e9matiquement, sur les deniers de        la ville et quelquefois sans aide aucune. Ainsi le \u00ab Fonds Crozet \u00bb        s\u2019est-il enrichi, et r\u00e9cemment encore, de plusieurs milliers de        feuillets, sans parler d&rsquo;exemplaires annot\u00e9s de sa main de ses propres        \u0153uvres ou d&rsquo;auteurs divers.<\/p>\n<p>Ils ne peuvent donc pas, aujourd\u2019hui, ne pas se sentir somm\u00e9s de        poursuivre cette t\u00e2che en r\u00e9int\u00e9grant ces cahiers \u00e0 leur fonds        d&rsquo;origine. Cela rendrait au <em>Journal<\/em> son int\u00e9grit\u00e9 et en        autoriserait une \u00e9dition d\u00e9finitive, le texte de ces cahiers n\u2019\u00e9tant        encore connu que par une recension aujourd\u2019hui fort ancienne et sujette        \u00e0 caution. Grenoble et les stendhaliens ont \u00e0 prendre leur part \u00e0 cette        mission d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Mais si la ville et ses partenaires se r\u00e9solvaient \u00e0 la charge        financi\u00e8re que cette mission implique, l&rsquo;actuelle envol\u00e9e des prix du        march\u00e9, maintenant sp\u00e9culatif, des manuscrits litt\u00e9raires place ces cinq        cahiers hors de toute port\u00e9e. Un investissement de l&rsquo;ordre de 700 \u00e0 900        mille euros (fourchette de l&rsquo;expertise actuelle, hors frais de vente)        est d&rsquo;une hauteur exorbitante au regard des possibilit\u00e9s d&rsquo;une ville,        d&rsquo;un d\u00e9partement, d&rsquo;une r\u00e9gion m\u00eame dont la nouvelle r\u00e9partition des        charges entre l&rsquo;Etat et les collectivit\u00e9s locales a sensiblement r\u00e9duit        les marges de man\u0153uvre. Faire appel au \u00ab m\u00e9c\u00e9nat \u00bb priv\u00e9 ? En si peu de        temps ? La situation fait craindre, h\u00e9las !, une mutilation d\u00e9finitive        du <em>Journal<\/em> par la fuite de ces cahiers hors de nos fronti\u00e8res ou,        pire, par leur revente \u00ab \u00e0 la d\u00e9coupe \u00bb par quelque antiquaire ind\u00e9licat.<\/p>\n<p>Grenoble qui depuis plusieurs mois \u2014 la co\u00efncidence est rude \u2014,        entreprenait une r\u00e9habilitation co\u00fbteuse du patrimoine stendhalien, voit        s\u2019ajouter cette charge ; le d\u00e9partement et la r\u00e9gion ne peuvent se        substituer \u00e0 elle. Seule une mobilisation de toutes les \u00e9nergies, de        tous les services, de tous les partenaires priv\u00e9s, institutionnels,        individuels, collectifs, \u00e9conomiques\u2026 pourrait permettre qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion        de cette vente ne recommence pas pour notre patrimoine litt\u00e9raire ce qui        se produisit apr\u00e8s 1860 pour la peinture fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Pour notre part nous appelons \u00e0 agir pour assurer la \u00ab conservation \u00bb \u00e0        tous les sens du terme du patrimoine stendhalien, des manuscrits d&rsquo;un        \u00e9crivain, mieux m\u00eame, d&rsquo;un penseur de notre modernit\u00e9 qui reste une        r\u00e9f\u00e9rence de Londres \u00e0 Melbourne, de Moscou \u00e0 Houston ou Rio. On a pu        trouver, malgr\u00e9 un prix astronomique, les moyens de retenir en France, \u00e0        la Biblioth\u00e8que Nationale, le manuscrit du <em>Voyage au bout de la        nuit<\/em>. Acqu\u00e9rir un document de la valeur de l\u2019exemplaire Royer et        restaurer l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du <em>Journal<\/em> autographe de Stendhal        m\u00e9ritent bien la m\u00eame d\u00e9termination.<\/p>\n<p>Nous demandons d&rsquo;abord le classement de ces deux ensembles comme tr\u00e9sors        du patrimoine national,<\/p>\n<p>nous demandons de rechercher comment r\u00e9unir en temps utile les moyens de        leur pr\u00e9emption.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re signatures Michel Crouzet, B\u00e9atrice Didier, G\u00e9rald Rannaud,        Philippe Berthier, Mona Ozouf, Jean Lacouture, Paul Hamon\u2026<\/p>\n<p>On peut consulter la liste des premi\u00e8res signatures \u00e0 l&rsquo;adresse: <a href=\"http:\/\/www.association-stendhal.com\/signatures.htm\">http:\/\/www.association-stendhal.com\/signatures.htm<\/a><\/p>\n<p>Les soutiens et signatures peuvent \u00eatre envoy\u00e9s \u00e0<\/p>\n<p>Association Stendhal<\/p>\n<p>La Bouquinerie<\/p>\n<p>9 Bd Agutte-Sembat<\/p>\n<p>38000 Grenoble<\/p>\n<p>ou par e-mail : <a href=\"mailto:contact@association-stendhal.com\">contact@association-stendhal.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vente Ber\u00e8s de manuscrits stendhaliens Stendhal \u00e0 Drouot Le 20 juin, salle Drouot, au cours de la vente du \u00ab cabinet \u00bb de livres de Pierre Ber\u00e8s, seront mis aux ench\u00e8res cinq \u00ab cahiers \u00bb autographes du Journal de Stendhal &hellip; <a href=\"https:\/\/stendhal.fr\/?p=296\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,8],"tags":[],"class_list":["post-296","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-manuscrits","category-ventes-aux-encheres"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s34K8b-296","jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=296"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/296\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/stendhal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}