{"id":285,"date":"2006-03-28T11:02:19","date_gmt":"2006-03-28T10:02:19","guid":{"rendered":"http:\/\/jy.reysset.free.fr\/wordpress\/?p=285"},"modified":"2008-07-11T09:26:58","modified_gmt":"2008-07-11T08:26:58","slug":"285","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/stendhal.fr\/?p=285","title":{"rendered":"Vente Ber\u00e8s : Chefs-d&rsquo;oeuvre en p\u00e9ril"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"title\"><strong>VENTE BERES : CHEFS-D&rsquo;OEUVRE EN PERIL<\/strong><\/h3>\n<p><em> \u00abNe vous demandez pas ce que l&rsquo;Am\u00e9rique peut faire pour vous; demandez-vous ce      que <font face=\"Times,serif\" size=\"10\"><span><\/span><\/font>vous pouvez      faire pour l&rsquo;Am\u00e9rique. \u00bb<\/em> John <font size=\"10\"><span><\/span><\/font> Fitzgerald Kennedy.<\/p>\n<p>D\u00e9cembre 2003. Une bombe \u00e9clate dans      le monde feutr\u00e9 des bibliophiles et des \u00e9rudits: Pierre Ber\u00e8s, l&rsquo;un des      plus grands et des plus anciens libraires du monde, r\u00e9put\u00e9 pour garder      jalousement les tr\u00e9sors en sa possession et m\u00eame \u00e0 n&rsquo;en pas r\u00e9v\u00e9ler      l&rsquo;existence, l\u00e8ve le voile sur 70 parmi les plus belles pi\u00e8ces de sa      collection personnelle et accepte de les exposer \u00e0 la Biblioth\u00e8que de      Chantilly. Mieux: il consent \u00e0 ce que des sp\u00e9cialistes agr\u00e9\u00e9s par la      conservatrice puissent sortir des vitrines et consulter, en dehors des      jours d&rsquo;ouverture, les pi\u00e8ces expos\u00e9es. C&rsquo;est ainsi que r\u00e9apparaissent      deux pi\u00e8ces capitales dont on avait compl\u00e8tement perdu la trace: six      cahiers autographes du <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font>Journal<\/em>      de Stendhal et l&rsquo;exemplaire dit Royer, abondamment annot\u00e9, voire presque      r\u00e9crit en entier pour la premi\u00e8re partie, de <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font> La Chartreuse de Parme<\/em>.<\/p>\n<p>Mars 2006. Alors qu&rsquo;entre temps Ber\u00e8s,      aujourd&rsquo;hui \u00e2g\u00e9 de 93 ans, a d\u00e9cid\u00e9 de fermer boutique et de liquider le      stock de sa librairie de l&rsquo;avenue de Friedland, des probl\u00e8mes de      succession le conduisent \u00e0 se s\u00e9parer de sa collection personnelle. La      vente est fix\u00e9e au 20 juin \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel Drouot. Des expositions de prestige      sont programm\u00e9es au Grolier Club de New York et \u00e0 la Fondation Pierre      Berg\u00e9-Yves Saint Laurent \u00e0 Paris. Un catalogue document\u00e9 et luxueusement      illustr\u00e9 est en pr\u00e9paration. C&rsquo;est dire que tout est fait pour que les      ench\u00e8res atteignent des sommets et que grand est le risque que les deux      pi\u00e8ces qui nous int\u00e9ressent, <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font><\/em> we happy few, partent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Il faut savoir, par exemple, que la      Pierpont Morgan Library de New York poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;exemplaire Chaper de <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font><\/em> la <em>Chartreuse<\/em> et se dit int\u00e9ress\u00e9e par le Royer. Quant aux      cahiers du <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font>Journal<\/em>,      plusieurs fondations et institutions am\u00e9ricaines peuvent facilement, gr\u00e2ce      aux moyens financiers dont elles disposent, en envisager l&rsquo;acquisition. A      ce jour, les estimations donn\u00e9es par l&rsquo;expert de la vente se situent \u00e0:<\/p>\n<p>\u2022de 500 \u00e0 700.000 \u20ac pour <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font> La Chartreuse <\/em><br \/>\n\u2022de 700 \u00e0 900.000 \u20ac pour le <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font> Journal<\/em>.<\/p>\n<p>Or, il se trouve que la collection Ber\u00e8s ne comprend pas      que du Stendhal mais bien d&rsquo;autres pi\u00e8ces d&rsquo;auteurs d&rsquo;importance      comparable et de valeur p\u00e9cuniaire analogue. Aussi la concurrence      s&rsquo;annonce-t-elle rude. Rien que la BnF pourrait se montrer int\u00e9ress\u00e9e par      une quinzaine de pi\u00e8ces. Il faut donc concentrer nos efforts sur le      principal.<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff; line-height: normal; margin-right: 3px; margin-left: 1.45px; text-indent: 12px\" class=\"OmniPage3\" align=\"left\"><font face=\"Times,serif\" size=\"10\">       <\/font>Le principal est le <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font>       Journal<\/em>. Pourquoi? Parce que <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font><\/em> la <em>Chartreuse<\/em> Royer, quel qu&rsquo;en soit l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, est bien connu        des stendhaliens. Louis Royer, chartiste de formation, conservateur en        chef de la Biblioth\u00e8que de Grenoble dans l&rsquo;entre-deux guerres, avait        pris soin de relever minutieusement les moindres annotations et d&rsquo;en        publier les plus importantes d\u00e8s 1935 ; celles qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas jug\u00e9        utile de publier l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 par Victor Del Litto en 1966. Aujourd&rsquo;hui        l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une \u00e9dition critique de <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font><\/em> la <em>Chartreuse<\/em> est donc parfaitement envisageable sans avoir \u00e0        tenir en main l&rsquo;original de l&rsquo;exemplaire en vente, puisque nous avons la        transcription Royer conserv\u00e9e \u00e0 Grenoble.<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff; line-height: normal; margin-right: 4.4px; margin-left: 0px; text-indent: 12px\" class=\"OmniPage3\" align=\"left\"><font face=\"Times,serif\" size=\"10\">       <\/font>Pour le <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font>Journal<\/em> ,  les choses sont tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes. Depuis la publication, dans les        ann\u00e9es 1920-1930, de l&rsquo;\u00e9dition Debraye-Royer dans la grande collection        Champion, ni Henri Martineau ni Victor Del Litto, ni aucun autre        chercheur, n&rsquo;a eu acc\u00e8s au manuscrit autographe des cahiers en vente.        Or, on sait que l&rsquo;\u00e9dition Champion est loin d&rsquo;\u00eatre toujours impeccable,        et m\u00eame compl\u00e8te. En outre, ce sont les seuls morceaux du <em><font size=\"10\"><span><\/span><\/font> Journal<\/em> de Stendhal qui manquent \u00e0 la Biblioth\u00e8que de Grenoble. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat        de ces pages r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;elles touchent \u00e0 des p\u00e9riodes        cruciales de la vie professionnelle et sentimentale de Stendhal (s\u00e9jour        \u00e0 Marseille en 1805, partie du journal de Brunswick, nomination au        Conseil d&rsquo;Etat, r\u00e9cit de la fameuse bataille among the amiable seats        (sic) of Montmorency vall\u00e9e \u00bb, rupture avec Angela Pietragrua, etc).<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff; line-height: normal; margin-right: 2.4px; margin-left: 0px; text-indent: 9.35px\" class=\"OmniPage3\" align=\"left\"><font face=\"Times,serif\" size=\"10\">       <\/font>Les stendhaliens que nous sommes doivent tout mettre en oeuvre        pour qu&rsquo;au moins ce manuscrit ne sorte pas de France, et dans le        meilleur des cas puisse \u00eatre pr\u00e9empt\u00e9 par l&rsquo;Etat pour la Biblioth\u00e8que de        Grenoble. Pour ce faire, il faut que le Minist\u00e8re de la Culture le        d\u00e9clare \u00abtr\u00e9sor national \u00bb, de ce fait non exportable. Deux        cons\u00e9quences: (1) le prix s&rsquo;en ressent, les ench\u00e9risseurs \u00e9trangers        renon\u00e7ant \u00e0 acheter; (2) le manuscrit reste en France et l&rsquo;Etat dispose        de deux ans pour l&rsquo;acheter. Mais id\u00e9alement, il faudrait pouvoir obtenir        les cr\u00e9dits n\u00e9cessaires pour acheter imm\u00e9diatement (une part &#8212; le        cinqui\u00e8me environ &#8212; de la Ville de Grenoble, une part de la R\u00e9gion        Rhone-Alpes, le reste du Fonds du patrimoine). Battons le rappel aupr\u00e8s        de nos \u00e9lus, aupr\u00e8s de nos relations. L&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, la France, pour une        fois unie, s&rsquo;est mobilis\u00e9e pour conserver Danone dans le giron de        l&rsquo;hexagone (si tant est que l&rsquo;hexagone ait un giron). STENDHAL VAUT BIEN        DES YAOURTS. Amis, levons-nous tous, non pas pour Danette, mais pour les        cahiers du <em>Journal<\/em>.<\/p>\n<p style=\"background-color: #ffffff; line-height: normal; margin-right: 2.4px; margin-left: 0px; text-indent: 9.35px\" class=\"OmniPage3\" align=\"right\">Jacques Houbert<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VENTE BERES : CHEFS-D&rsquo;OEUVRE EN PERIL \u00abNe vous demandez pas ce que l&rsquo;Am\u00e9rique peut faire pour vous; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l&rsquo;Am\u00e9rique. \u00bb John Fitzgerald Kennedy. D\u00e9cembre 2003. 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